Le maintien de salaire est un enjeu clé du droit du travail en France. Il désigne l’obligation pour l’employeur de verser une rémunération, en totalité ou en partie, lorsque le salarié est absent pour des raisons justifiées comme la maladie, un accident du travail, un congé parental ou d’autres événements spécifiques. Ce principe varie en fonction des situations et des régions, notamment en Alsace-Moselle où le cadre législatif est plus protecteur pour les travailleurs. L’application de cette règle dépend de nombreux critères, incluant l’ancienneté du salarié, la nature de son absence et les conventions collectives en vigueur.
Dans cet article, nous allons explorer en détail les conditions du maintien de salaire, les spécificités de certaines catégories d’absences, les recours possibles en cas de litige, ainsi que les particularités légales appliquées en Alsace-Moselle.

Table des matières
Définition et principe du maintien de salaire
Le maintien de salaire est une obligation légale ou conventionnelle qui impose à l’employeur de continuer à verser tout ou partie de la rémunération d’un salarié en situation d’absence justifiée. Cette disposition vise à garantir une certaine stabilité financière aux travailleurs, même lorsqu’ils sont temporairement empêchés de remplir leurs fonctions. Le maintien de salaire dépend de plusieurs critères déterminants, notamment :
- La nature de l’absence : maladie, accident du travail, congé parental, obligations familiales.
- La durée de l’absence : certaines absences sont indemnisées dès le premier jour, tandis que d’autres nécessitent une période de carence.
- Les dispositions légales et conventionnelles : les règles diffèrent en fonction du Code du travail et des accords de branche.
- Les particularités régionales : l’Alsace-Moselle bénéficie d’un cadre plus protecteur que le reste du territoire français.
Maintien total ou partiel
Le maintien de salaire peut être total (100 % du salaire brut) ou partiel, avec un complément de l’employeur venant s’ajouter aux indemnités de la Sécurité sociale. Le tableau ci-dessous illustre les différentes situations où le maintien de salaire s’applique :
Type d’absence | Maintien de salaire | Conditions |
---|---|---|
Maladie non professionnelle | Partiel | Selon ancienneté, délai de carence |
Accident du travail | Total | Après délai de carence |
Congé maternité/paternité | Total | Pendant la durée légale |
Absence pour enfant malade | Spécifique Alsace-Moselle | Maintien mais pas de congés payés |
En fonction de l’ancienneté du salarié et de la cause de son absence, l’indemnisation peut varier. Par exemple, un salarié en arrêt maladie non professionnelle devra souvent respecter un délai de carence et pourra percevoir un maintien de salaire uniquement sous certaines conditions.
L’employeur doit s’assurer que les obligations légales et conventionnelles sont respectées afin d’éviter tout contentieux avec le salarié.
Maintien de salaire en cas de maladie
Le maintien de salaire en cas de maladie est un droit prévu par la loi et les conventions collectives. Lorsqu’un salarié tombe malade, il peut bénéficier d’une indemnisation de la Sécurité sociale, mais l’employeur peut également être tenu de lui verser un complément de salaire sous certaines conditions. Ce dispositif vise à éviter une perte brutale de revenus pour le salarié en incapacité temporaire de travailler.
1 Règles générales du Code du travail
L’article L. 1226-1 du Code du travail prévoit que le maintien de salaire dépend de plusieurs critères :
- L’ancienneté du salarié dans l’entreprise
- Le respect des obligations administratives, notamment la transmission du certificat médical dans les délais impartis
- Les éventuelles dispositions plus favorables d’une convention collective ou d’un accord de branche
Le maintien de salaire peut être intégral ou partiel, selon l’ancienneté et la durée de l’arrêt de travail. Généralement, après un délai de carence, l’employeur est tenu de verser un complément aux indemnités journalières de la Sécurité sociale.
Tableau récapitulatif :
Ancienneté du salarié | Maintien de salaire |
Moins d’1 an | Pas de maintien de salaire |
1 à 5 ans | 90 % du salaire les 30 premiers jours, puis 66 % |
Plus de 10 ans | 100 % du salaire les 90 premiers jours |
2 Cas particuliers : absence prolongée et régime d’Alsace-Moselle
Dans certaines régions comme l’Alsace-Moselle, les salariés bénéficient d’un cadre plus protecteur. En cas de maladie de courte durée, l’employeur est tenu de maintenir le salaire du salarié absent sous réserve que son absence soit indépendante de sa volonté et qu’elle ne dépasse pas une durée raisonnable.
De plus, certaines conventions collectives peuvent prévoir des dispositions plus favorables, comme une indemnisation à 100 % dès le premier jour d’arrêt maladie. Il est donc essentiel pour le salarié de se référer à sa convention collective afin de connaître ses droits exacts.
En conclusion, le maintien de salaire en cas de maladie dépend de plusieurs facteurs : le Code du travail, les conventions collectives et les spécificités régionales comme en Alsace-Moselle. Un salarié malade doit donc bien se renseigner sur ses droits afin d’éviter toute perte de revenus injustifiée.
Cas spécifique de l’Alsace-Moselle
L’Alsace-Moselle bénéficie d’un régime spécifique en matière de maintien de salaire. Contrairement au reste du territoire français, les salariés de cette région ont droit au maintien de leur rémunération en cas d’absence de courte durée pour une cause indépendante de leur volonté. Cette spécificité découle de l’article L. 1226-23 du Code du travail, qui garantit aux travailleurs de cette région une protection renforcée.
1 Maintien de salaire en cas d’absence exceptionnelle
Lorsqu’un salarié alsacien ou mosellan est contraint de s’absenter pour une courte durée, comme pour la garde d’un enfant malade, il peut bénéficier d’un maintien de salaire. Cette disposition va au-delà des règles générales du Code du travail qui n’accordent généralement qu’un congé non rémunéré dans ce type de situation.
Tableau des absences et maintien de salaire en Alsace-Moselle :
Type d’absence | Maintien de salaire | Durée maximale |
Maladie | Oui | Selon ancienneté |
Garde d’enfant malade | Oui | Courte durée |
Autre cause indépendante de la volonté | Oui | Relativement courte |
2 Jurisprudence et application pratique
Un arrêt récent de la Cour de cassation (décembre 2024) a confirmé ce droit en faveur des salariés d’Alsace-Moselle. Dans une affaire impliquant la société Alsachimie, un employé ayant dû s’absenter pour la garde de son enfant malade a obtenu gain de cause pour le maintien de son salaire, bien que son absence ne soit pas assimilée à du temps de travail effectif ouvrant droit aux congés payés.
En conclusion, le maintien de salaire en Alsace-Moselle constitue un avantage significatif pour les salariés de cette région. Il est essentiel pour les employeurs et les travailleurs de bien comprendre ces règles spécifiques afin d’assurer leur bonne application et d’éviter tout litige potentiel.
Cas particuliers et exceptions
1 Absence pour garde d’enfant
En dehors de l’Alsace-Moselle, l’article L. 1225-61 du Code du travail permet au salarié de s’absenter pour s’occuper d’un enfant malade, mais sans obligation de maintien de salaire par l’employeur.
2 Accident du travail et maladies professionnelles
Dans ces cas, le maintien est plus favorable. En général, la Sécurité sociale prend en charge les indemnités journalières, complétées par l’employeur selon la convention collective applicable.
Type d’accident | Indemnisation Sécurité sociale | Complément employeur |
Accident du travail | 60 % du salaire dès le premier jour | 100 % selon convention |
Maladie professionnelle | 66 % du salaire | 100 % selon ancienneté |
Les recours en cas de litige
En cas de litige concernant le maintien de salaire, plusieurs recours sont possibles pour le salarié afin de faire valoir ses droits.
1 Saisir l’employeur et les représentants du personnel
Avant toute action judiciaire, le salarié doit en premier lieu adresser une réclamation écrite à son employeur. Il peut aussi solliciter les représentants du personnel ou le comité social et économique (CSE) pour tenter de trouver une solution amiable.
2 Recours auprès de l’Inspection du travail
Si l’employeur refuse d’appliquer le maintien de salaire malgré les dispositions légales et conventionnelles, le salarié peut saisir l’Inspection du travail. Cette instance pourra alors vérifier la conformité des pratiques de l’entreprise et intervenir en médiation.
3 Action devant le conseil de prud’hommes
En cas d’échec des démarches amiables, le salarié peut porter l’affaire devant le conseil de prud’hommes. Cette juridiction est compétente pour trancher les litiges liés aux rémunérations et à l’application du Code du travail.
Délai de prescription : Le salarié dispose d’un délai de trois ans à compter du jour où le maintien de salaire aurait dû être appliqué pour saisir les prud’hommes.
4 Sanctions encourues par l’employeur
Si l’employeur est reconnu fautif, il peut être condamné à verser les sommes dues avec des intérêts de retard et, dans certains cas, des dommages et intérêts pour préjudice moral.
Tableau récapitulatif des recours :
Recours | Intervenants | Délai |
Réclamation interne | Employeur, CSE | Immédiat |
Inspection du travail | Inspecteur du travail | Variable |
Conseil de prud’hommes | Juges prud’homaux | 3 ans |
Ainsi, en cas de litige sur le maintien de salaire, il est essentiel pour le salarié de connaître ses droits et les recours disponibles afin d’obtenir réparation.
Conclusion
Le maintien de salaire est une protection essentielle pour les salariés en cas d’absence justifiée. Il permet d’assurer une continuité financière et de prévenir des situations de précarité. Cependant, son application varie selon plusieurs critères, notamment l’ancienneté, le type d’absence et les conventions collectives applicables.
Dans des régions spécifiques comme l’Alsace-Moselle, le cadre juridique est plus avantageux pour les travailleurs, garantissant un maintien de salaire renforcé. En cas de litige, il est essentiel que les salariés connaissent leurs droits et les démarches à entreprendre pour les faire valoir.
Il appartient donc aux employeurs de respecter ces obligations et aux salariés de se renseigner sur les dispositifs en vigueur afin d’éviter tout contentieux et de garantir une application juste et équitable du maintien de salaire.