Remboursement des frais de télétravail en 2025 : barèmes, exonérations

Le télétravail est devenu une pratique courante dans de nombreuses entreprises, offrant flexibilité et autonomie aux salariés. Toutefois, cette organisation du travail génère des coûts supplémentaires pour les employés : achat et entretien du matériel informatique, abonnement internet, hausse de la consommation d’électricité, aménagement d’un espace de travail adapté. Pour atténuer ces dépenses, l’employeur peut choisir d’accorder une indemnité forfaitaire exonérée de cotisations sociales ou de rembourser les frais réels engagés par le salarié.

Avec l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions en 2025, les plafonds de prise en charge des frais liés au télétravail ont été revus. Cette mise à jour vise à mieux encadrer les modalités de remboursement tout en garantissant un équilibre entre les besoins des employés et les contraintes des entreprises. L’indemnité forfaitaire reste une solution privilégiée pour de nombreux employeurs, car elle simplifie la gestion administrative des remboursements.

Les nouvelles règles introduites précisent les conditions d’exonération des allocations de télétravail et mettent en lumière les stratégies optimales pour en tirer parti. Salariés et employeurs doivent s’informer sur ces évolutions afin de maximiser leurs avantages tout en respectant la réglementation en vigueur. L’adoption de bonnes pratiques et une communication transparente entre les parties permettront d’assurer une meilleure gestion de ces frais et d’éviter d’éventuels conflits liés à leur prise en charge.

Remboursement des frais de teletravail en 2025 baremes exonerations

Le télétravail s’accompagne de certaines obligations pour l’employeur, notamment en matière de remboursement des frais engagés par les salariés dans le cadre de leur activité professionnelle à domicile. Selon l’article L.1222-9 du Code du travail, un salarié en télétravail bénéficie des mêmes droits que ceux exerçant en présentiel. Cela signifie que les dépenses engagées pour assurer le bon déroulement du travail à distance doivent être prises en charge par l’employeur. Parmi les frais concernés figurent notamment :

  • L’acquisition ou la location d’équipements informatiques (ordinateur, écran, imprimante, etc.).
  • Les frais de connexion à internet ainsi que l’abonnement téléphonique,si l’usage professionnel est avéré.
  • La consommation énergétique liée à l’activité (électricité, chauffage, climatisation).
  • L’aménagement d’un espace de travail adapté au domicile du salarié.

Cependant, cette prise en charge n’est pas automatique. L’employeur n’a pas l’obligation de verser une indemnité systématique, sauf si une convention collective, un accord d’entreprise ou une politique interne spécifique le prévoit. Dans le cadre de son pouvoir de gestion, il peut choisir entre deux modes de remboursement :

  1. L’indemnisation forfaitaire : Une somme fixe est versée périodiquement au salarié, sans obligation de justifier chaque dépense. Cette option simplifie la gestion administrative et offre une visibilité financière aux employés. Toutefois, pour être exonérée de cotisations sociales, elle doit respecter les plafonds fixés par l’URSSAF.
  2. Le remboursement des frais réels : Le salarié fournit des justificatifs détaillant les dépenses liées au télétravail, et l’employeur procède au remboursement sur cette base. Cette méthode assure une compensation plus précise, mais requiert un suivi rigoureux.

En pratique, les entreprises doivent définir clairement leur politique de remboursement afin d’éviter toute ambiguïté et garantir une égalité de traitement entre les salariés. La mise en place d’un accord écrit ou d’une charte interne peut faciliter l’application des règles et assurer une transparence dans la gestion des frais professionnels liés au télétravail.


L’allocation forfaitaire pour le télétravail en 2025

Face à l’essor du télétravail, l’Urssaf encadre les allocations versées aux salariés pour couvrir les frais inhérents à cette organisation. En 2025, des plafonds sont fixés afin de déterminer les montants exonérés de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu. L’indemnité forfaitaire versée aux employés dépend notamment de l’existence ou non d’un accord collectif au sein de l’entreprise.

Lallocation forfaitaire pour le teletravail en 2025

1. Montants exonérés sans accord collectif

Lorsque l’employeur décide d’indemniser les frais de télétravail sans qu’un accord collectif ne soit en place, il doit se conformer aux plafonds établis par l’Urssaf. En 2025, les montants exonérés sont les suivants :

  • Par jour télétravaillé : 2,70 €
  • Par mois (en fonction du nombre de jours télétravaillés par semaine) :
    • 10,90 € pour 1 jour de télétravail hebdomadaire
    • 21,80 € pour 2 jours
    • 32,70 € pour 3 jours
    • 43,60 € pour 4 jours
    • 54,50 € pour 5 jours
  • Plafond mensuel maximum : 59,40 €

Ces montants sont versés aux salariés sans qu’ils aient besoin de fournir de justificatifs. Par exemple, un employé travaillant à domicile deux jours par semaine pourra percevoir 21,80 € par mois, exonérés d’impôts et de charges sociales.

2. Plafonds applicables avec un accord collectif

Les entreprises ayant signé un accord d’entreprise ou relevant d’une convention collective peuvent appliquer des plafonds plus avantageux. En 2025, les montants exonérés dans ce cadre sont revus à la hausse :

  • Par jour télétravaillé : 3,25 €
  • Par mois (selon le nombre de jours télétravaillés par semaine) :
    • 13 € pour 1 jour de télétravail hebdomadaire
    • 26 € pour 2 jours
    • 39 € pour 3 jours
    • 52 € pour 4 jours
    • 65 € pour 5 jours
  • Plafond mensuel maximum : 71,50 €

Ainsi, un salarié bénéficiant de trois jours de télétravail hebdomadaires pourra toucher une indemnité de 39 € par mois, exonérée de cotisations sociales et d’impôts.

3. Implications pour les entreprises et les salariés

Pour les employeurs, le choix d’indemniser le télétravail via une allocation forfaitaire simplifie la gestion administrative et évite les demandes de remboursement au réel. En revanche, les entreprises doivent veiller à rester dans les limites des montants exonérés fixés par l’Urssaf afin d’éviter d’éventuelles régularisations.

Côté salarié, cette indemnisation représente une compensation partielle des coûts liés au travail à domicile. Il reste cependant important de vérifier si un accord collectif est en vigueur, car il peut permettre de bénéficier d’un montant plus élevé. En cas de dépenses dépassant ces plafonds, l’option du remboursement sur justificatifs peut être envisagée.

L’actualisation de ces plafonds en 2025 vise ainsi à mieux encadrer la prise en charge des frais de télétravail tout en garantissant un équilibre entre les intérêts des employeurs et ceux des salariés.

Les entreprises ayant signé un accord de branche ou d’entreprise peuvent appliquer des plafonds plus élevés :

Mode de versementMontant maximum exonéré
Par jour télétravaillé3,25 €
Par mois (selon le nombre de jours télétravaillés par semaine)13 € pour 1 jour / semaine
Plafond mensuel71,50 €

Cela signifie qu’un salarié effectuant 3 jours de télétravail par semaine pourrait recevoir 39 € par mois, toujours exonérés.


Le remboursement des frais réels : Avantages et contraintes

1. Comment fonctionne le remboursement des frais réels ?

Plutôt que d’opter pour une allocation forfaitaire, l’employeur peut choisir de rembourser les dépenses au réel, sur présentation de justificatifs. Cette méthode peut être plus avantageuse pour certains salariés, mais elle implique une gestion administrative plus lourde.

Frais éligibles au remboursement :

  • Factures d’internet et d’électricité
  • Achat ou location d’un ordinateur, imprimante, casque
  • Achat de fournitures (papier, encre, clavier, souris)
  • Travaux d’aménagement d’un bureau à domicile
Type de dépenseConditions de remboursement
Connexion internetPart proportionnelle du forfait dédiée au télétravail
Ordinateur et matérielAchat justifié par l’activité professionnelle
ÉlectricitéÉvaluation basée sur la consommation moyenne
Mobilier (chaise, bureau)Si indispensable pour l’exercice du travail

2. Exemple de calcul du remboursement des frais réels

Un salarié télétravaille 3 jours par semaine et engage les dépenses suivantes :

DépenseCoût mensuel totalPart imputable au télétravail (60%)Remboursement possible
Internet40 €24 €24 €
Électricité50 €30 €30 €
Fournitures20 €12 €12 €
Total remboursable66 €

Si ces montants dépassent les plafonds de l’allocation forfaitaire, le remboursement des frais réels devient plus intéressant.


Télétravail et fiscalité : Exonérations et déductions d’impôt

Le télétravail entraîne des coûts supplémentaires pour les salariés, mais il ouvre également la voie à des dispositifs fiscaux permettant d’alléger leur charge financière. Entre exonérations d’allocations et possibilités de déduction fiscale, employeurs et télétravailleurs doivent connaître les règles en vigueur pour optimiser leur situation.

1. Exonération des allocations versées par l’employeur

Les indemnités perçues par les salariés au titre du télétravail bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu ainsi que de charges sociales, sous réserve de respecter les plafonds fixés par l’Urssaf. Ces plafonds, régulièrement mis à jour, permettent d’éviter que l’indemnité ne soit assimilée à un complément de salaire imposable.

Grâce à ce cadre fiscal avantageux, l’employeur peut proposer une compensation des frais professionnels liés au télétravail tout en optimisant les coûts de rémunération. Cette exonération favorise également le développement du travail à distance, en garantissant aux salariés une prise en charge partielle de leurs dépenses sans impact fiscal négatif. Toutefois, il est impératif que les montants alloués restent dans les limites légales, faute de quoi ils pourraient être soumis à cotisations et à imposition.

2. Déduction des frais de télétravail dans la déclaration d’impôt

Si l’employeur ne prévoit pas d’indemnisation spécifique pour le télétravail, le salarié peut néanmoins bénéficier d’une réduction de sa base imposable en déclarant ses frais professionnels. Deux options sont possibles :

  1. La déduction forfaitaire de 10 % : Cette option est automatique et appliquée directement par l’administration fiscale sur le revenu imposable du salarié. Elle couvre l’ensemble des frais professionnels, y compris ceux liés au télétravail. Simple et sans formalité, elle convient aux travailleurs dont les dépenses restent limitées. Toutefois, si les coûts réels engagés dépassent ce seuil, cette solution peut s’avérer moins avantageuse.
  2. La déduction des frais réels : Le salarié peut choisir de déclarer précisément ses dépenses professionnelles, notamment celles engendrées par le télétravail, comme les frais d’abonnement internet, l’achat de matériel informatique ou encore la consommation d’électricité. Cette méthode permet d’obtenir une réduction d’impôt plus significative lorsque les coûts sont élevés. Cependant, elle exige de conserver et de présenter des justificatifs en cas de contrôle fiscal, et nécessite un calcul détaillé des dépenses engagées.
Mode de déclarationAvantageInconvénient
Déduction forfaitaire (10 %)Simple et automatiqueMoins avantageuse si les frais sont élevés
Déduction des frais réelsPermet de déclarer des dépenses spécifiquesNécessite des justificatifs et un calcul précis

3. Quelle option choisir ?

Le choix entre la déduction forfaitaire et la déclaration des frais réels dépend du montant des dépenses engagées par le salarié. Si les coûts liés au télétravail restent modestes, l’option forfaitaire est souvent suffisante. En revanche, pour ceux qui investissent régulièrement dans du matériel informatique, un meilleur forfait internet ou encore l’aménagement d’un espace de travail dédié, la déclaration au réel peut permettre une économie d’impôt plus significative.

Il est donc conseillé d’évaluer précisément ses dépenses annuelles avant d’opter pour l’une ou l’autre solution. Pour optimiser leur déclaration fiscale, les télétravailleurs doivent également se tenir informés des évolutions législatives et des éventuels ajustements des plafonds de déduction.

En résumé, que ce soit via l’indemnité exonérée versée par l’employeur ou par la déclaration des frais professionnels, le cadre fiscal du télétravail en 2025 offre plusieurs leviers d’optimisation, permettant aux salariés de mieux compenser les coûts engendrés par cette organisation du travail.


Optimisation pour les employeurs et les salariés

1. Pour les employeurs

  • Privilégier l’allocation forfaitaire permet d’éviter des démarches administratives lourdes.
  • Négocier un accord collectif peut offrir un cadre plus flexible aux salariés et renforcer l’attractivité de l’entreprise.
  • Proposer du matériel informatique directement aux salariés évite d’avoir à rembourser des achats personnels.

2. Pour les salariés

  • Si les dépenses de télétravail sont élevées, privilégier le remboursement des frais réels ou la déduction fiscale.
  • Conserver toutes les factures pour justifier les frais professionnels engagés.
  • Vérifier si un accord collectif prévoit des montants plus avantageux que l’allocation forfaitaire classique.

Le remboursement des frais de télétravail en 2025 repose sur deux principaux dispositifs : l’allocation forfaitaire exonérée et le remboursement des frais réels. Selon la situation du salarié et les accords en vigueur dans son entreprise, l’un ou l’autre peut être plus avantageux. De plus, les possibilités de déduction fiscale offrent une alternative intéressante pour les salariés qui ne perçoivent pas d’indemnité.

Employeurs et salariés doivent donc bien comprendre les règles applicables pour optimiser la prise en charge de ces frais tout en respectant le cadre légal.

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